La tête et le cou constituent une région anatomique complexe, essentielle à la motricité, à la communication et à la respiration. Ces structures abritent le cerveau, les organes sensoriels, les voies digestives et respiratoires supérieures, ainsi que de nombreux muscles responsables des expressions, de la mastication et du maintien postural.
1. Les Muscles de la Tête
Les muscles de la tête sont regroupés en deux grandes catégories selon leurs fonctions principales :
- Les muscles de la face (mimique et expression faciale)
- Ils permettent les mouvements fins du visage, comme sourire, froncer les sourcils ou fermer les paupières.
- Ces muscles sont directement reliés à la peau, ce qui rend les expressions visibles.
- Ils sont innervés par le nerf facial (VIIe paire crânienne).
- Exemples : orbiculaire des lèvres, zygomatique, buccinateur, frontal, orbiculaire des paupières.
- Les muscles de la mastication
- Ils assurent les mouvements d’ouverture, de fermeture et de latéralisation de la mâchoire inférieure (mandibule).
- Leur coordination permet la mastication, première étape du processus digestif.
- Les principaux muscles impliqués sont :
- Le masséter
- Le temporal
- Le ptérygoïdien médial et latéral
- Le digastrique (ouvre la bouche)
a. Le Masséter
- Origine : arcade zygomatique (os de la joue)
- Trajet : les fibres descendent verticalement vers la mandibule
- Terminaison : face externe de l’angle du maxillaire inférieur
- Action : élévation du maxillaire inférieur → fermeture de la bouche
Observation pratique : on peut palper le masséter facilement en serrant les mâchoires.
b. Le Temporal
- Origine : fosse temporale de l’os temporal
- Trajet : en forme d’éventail, il se dirige vers le bas et passe sous l’arcade zygomatique
- Terminaison : processus coronoïde de la mandibule
- Action : élévation et rétropulsion de la mandibule
Fonction biomécanique : il stabilise la mâchoire et intervient dans la puissance de morsure.
2. Les Muscles du Cou
Le cou relie la tête au tronc et joue un rôle fondamental dans le mouvement, la respiration et le maintien postural.
On distingue deux grands groupes musculaires :
- Les muscles antéro-latéraux du cou (en avant et sur les côtés)
- Les muscles de la nuque (en arrière)
a. Les Muscles Antéro-Latéraux du Cou
Ils assurent la flexion, l’inclinaison latérale, la rotation de la tête et participent à la respiration accessoire (inspiration).
Les plus importants sont :
- Les scalènes (antérieur, moyen et postérieur)
- Le sterno-cléido-mastoïdien (SCM)
Les Scalènes
- Origine : apophyses transverses des vertèbres cervicales (C2 à C7)
- Trajet : oblique, bas, dehors et en avant
- Terminaison : faces supérieures de la 1ʳᵉ et de la 2ᵉ côte
Actions :
- Si les côtes sont fixes → inclinaison latérale de la colonne cervicale, rotation controlatérale.
- Si la colonne cervicale est fixe → élèvent les deux premières côtes → inspirateurs accessoires.
Application sportive : les scalènes participent à la respiration intense chez le nageur ou le coureur.
Le Sterno-Cléido-Mastoïdien (SCM)
- Origine : apophyse mastoïde de l’os temporal et ligne occipitale supérieure
- Trajet : oblique vers le bas et l’avant
- Terminaison : manubrium sternal et extrémité médiale de la clavicule
Actions :
- Si le crâne est fixe → élève le sternum et la clavicule → inspirateur accessoire.
- Si le thorax est fixe :
- Contraction bilatérale → extension de la tête (lordose cervicale).
- Contraction unilatérale → inclinaison homolatérale et rotation controlatérale de la tête.
Observation : muscle très sollicité dans les sports demandant des rotations rapides de la tête (plongeon, tennis, natation dos).
3. Intérêt Biomécanique et Fonctionnel
Chez le sportif, une bonne compréhension des muscles cervico-faciaux est essentielle :
- Pour la performance : une posture cervicale stable améliore la coordination motrice et la respiration.
- Pour la prévention des blessures : un déséquilibre musculaire (ex. tension du SCM) peut entraîner des douleurs cervicales, céphalées ou troubles posturaux.
- Pour la rééducation : après un traumatisme ou une entorse cervicale, la reprogrammation proprioceptive du cou est cruciale.
4. Synthèse pour les étudiants en STAPS
La tête et le cou ne sont pas seulement des structures anatomiques :
ils représentent un centre de contrôle neuromusculaire, garantissant :
- la motricité fine du visage,
- la mastication,
- la respiration,
- la stabilisation du regard et de la posture globale.
Leur compréhension permet à l’entraîneur d’intégrer dans ses séances :
- des exercices de mobilité cervicale,
- des travaux respiratoires,
- et des étirements posturaux adaptés.
Lexique
- Arcade zygomatique : partie de l’os temporal formant la pommette.
- Apophyse mastoïde : saillie osseuse de l’os temporal, en arrière de l’oreille.
- Mandibule : os formant la mâchoire inférieure.
- Apophyses transverses : prolongements latéraux des vertèbres servant à l’insertion musculaire.
- Inspiration accessoire : participation de muscles non respiratoires principaux à l’entrée d’air.
- Rotation controlatérale : mouvement de rotation opposé au côté de contraction musculaire.
- Lordose cervicale : courbure physiologique vers l’avant de la colonne cervicale.
Références
- Gray’s Anatomy for Students – Elsevier, 4ᵉ édition (2020)
- Kapandji, I.A. (2019) – Physiologie articulaire. Tome 1 : Tête et cou, Maloine.
- Pélissier J. (2021) – Anatomie fonctionnelle et biomécanique du mouvement humain, Masson.
- Université Lyon 1 STAPS – Cours d’anatomie fonctionnelle
- Société Française de Biomécanique – www.sfbiomec.org