1. Équilibre du corps et réduction des résistances
La nage papillon repose sur une position ventrale favorable à la propulsion, notamment grâce à l’anatomie des épaules. Lors des phases propulsives des bras, le nageur doit maintenir un profil hydrodynamique optimal, tandis que les ondulations du corps peuvent adopter une obliquité sans augmenter les résistances, car le déplacement est également oblique. La tête doit anticiper la respiration tout en restant alignée durant les actions propulsives.
2. Mouvements de bras : dimensions spatiales
Le cycle des bras en papillon comprend les phases suivantes : entrée dans l’eau, prise d’appui, traction, poussée, sortie et retour aérien. La trajectoire suit trois godilles :
- Godille externe : bras tendus, rapide, déclenche la descente des épaules et favorise la pénétration.
- Godille basse et interne : flexion du coude, orientation des mains vers l’arrière et le bas.
- Godille haute et externe : finalisation de la poussée avec sortie du bras par les coudes en premier.
Le retour aérien commence par un relâchement contrôlé, favorisant la récupération musculaire. Les bras passent en arc de cercle avant de réintégrer l'eau à hauteur des épaules.
3. Mouvements de bras : dimensions temporelles
Malgré la simultanéité des deux bras, l’efficacité repose sur la variation de vitesse au sein des trois godilles. Des accélérations successives dans chaque sous-phase assurent un déplacement corporel fluide et constant. Schleihauf (1979) montre que le rythme de chaque main s’adapte pour éviter les variations de vitesse du corps.
4. Organisation respiratoire
La respiration se fait de face, en symétrie avec le mouvement, contrairement au crawl. L’inspiration doit être rapide et placée stratégiquement à la fin de la poussée et au début de la deuxième ondulation. Des experts comme Counsilman (1975) et Maglischo (1987) soulignent que l’anticipation du redressement de la tête est cruciale pour une respiration efficace sans compromettre la propulsion. La fréquence respiratoire varie selon la distance :
- 50m : peu ou pas d’inspiration.
- 100m : respiration tous les 2 cycles ou alternée.
- 200m : combinaison dynamique selon fatigue et stratégie (ex. Gross, JO Séoul 1988).
5. Prise d'information visuelle
La ligne de fond de bassin est un repère visuel sous l’eau. Lors de l’inspiration, le nageur peut capter des informations périphériques et frontales pour s’orienter, anticiper les virages et surveiller les concurrents. Une légère rotation de la tête est autorisée par le règlement pour optimiser ce retour d'information visuelle.
6. Forme et rythme des mouvements de jambes
Le papillon utilise une ondulation simultanée du bas du corps, connue sous le nom de mouvement dauphin. À la différence du battement alterné du crawl, cette ondulation engage tout l’axe vertébral : épaules, dos, bassin, genoux et chevilles se succèdent en une sinusoïde fluide.
Chaque cycle de bras est synchronisé avec deux ondulations :
- Phase descendante : suit l’entrée des bras dans l’eau.
- Phase ascendante : pendant la traction interne.
- Deuxième phase descendante : pendant la poussée des bras.
- Deuxième phase ascendante : accompagnant le retour aérien.
La flexion des genoux est modérée, les pieds restent légèrement tournés vers l’intérieur. Maglischo (1987) observe que les meilleurs papillonneurs écartent légèrement les genoux pour initier la phase descendante, puis les rapprochent.
7. Coordination générale bras-jambes
La coordination optimale s’établit sur deux ondulations pour un cycle de bras. Selon Tiffany (1982), la première ondulation maintient la vitesse acquise, la seconde stabilise le bassin durant la poussée des bras. Pour Counsilman (1975), le premier battement est plus puissant. À l'inverse, Tiffany suggère que le second battement peut être plus fort chez les nageurs de sprint pour éviter un affaissement des hanches.
La nage papillon combine puissance, coordination et souplesse dans une structure symétrique et exigeante. La réussite de cette nage repose sur la maîtrise des phases propulsives, la gestion respiratoire précise, et une ondulation fluide et continue. Les entraîneurs et nageurs gagneront à analyser ces éléments à l’aide de vidéos, capteurs de vitesse et référentiels biomécaniques pour affiner leur technique et optimiser les performances.
- Godille : mouvement curviligne de la main dans l’eau durant la phase propulsive.
- Ondulation dauphin : mouvement sinusoïdal simultané de l’ensemble du corps.
- Cycle de bras : ensemble des phases d’un mouvement complet des deux bras en papillon.
- Retour aérien : phase de récupération où les bras repassent hors de l’eau.
- Maître-couple : surface frontale du corps perpendiculaire à l’avancement, responsable des résistances.
- Phase descendante/ascendante : mouvement vers le bas ou vers le haut de l’ondulation.
- Fréquence respiratoire : nombre d’inspirations par cycle de nage.