1. Importance stratégique du départ
Plus la distance de l’épreuve est courte, plus le départ influence le résultat final. Sur 50 m, un départ performant peut représenter jusqu’à 30 % du temps total. Cette phase exploite principalement le système énergétique anaérobique alactique, mobilisant les réserves de phosphocréatine. Ainsi, même sur les longues distances, un départ explosif est bénéfique et ne pénalise pas la gestion de l’effort.
2. Les conditions matérielles et leur influence
Les plots de départ standardisés (hauteur de 0,5 à 0,75 m, surface antidérapante) varient néanmoins d’un bassin à l’autre. L’inclinaison, la présence de poignées ou d’étriers pour le dos, et la configuration du mur modifient la stratégie technique. L’adaptation à ces facteurs est donc cruciale lors des compétitions.
3. Typologie des départs en fonction des épreuves
- Départ au signal sonore : utilisé dans les épreuves individuelles (crawl, brasse, papillon), il impose une immobilité totale avant le départ.
- Départ en relais : basé sur un signal visuel, il permet une anticipation du mouvement et offre un gain de 0,7 seconde en moyenne par rapport au départ arrêté.
- Départ en dos : unique en son genre, se fait depuis l’eau, avec un appui mural et une poussée en arrière coordonnée avec un envol cambré.
4. Adaptation du départ aux capacités du nageur
Le choix technique dépend fortement du profil du nageur :
- Facteurs morphologiques : taille, envergure, poids, souplesse.
- Facteurs neuro-moteurs : temps de réaction, coordination, schéma corporel.
- Facteurs physiologiques : type de fibres musculaires (rapides/lentes), niveau de fatigue, état d’échauffement.
- Facteurs psychologiques : motivation, concentration, gestion du stress.
Chaque détail compte : position des pieds, placement du centre de gravité, choix entre agrippement ou balancement des bras…
5. Les 12 phases d’un départ réussi
- Mise en place derrière le plot
- Montée sur le plot (ou entrée dans l’eau en dos)
- Mise en position avant, posture préparatoire
- Réaction au signal (signal sonore ou visuel)
- Poussée et allégement
- Impulsion : extension complète du corps
- Phase ascendante de l’envol
- Phase descendante ou "piqué"
- Entrée dans l’eau : profilage, pénétration optimale
- Coulée : recherche d’hydrodynamisme
- Reprise de nage
- Transition vers la nage à vitesse de course
6. Étude de cas : trois départs typiques
Départ avec balancement des bras (nage libre)
Utilisé en relais ou sur plots peu ergonomiques. Le nageur initie un moulinet des bras avant le signal, crée un écrasement maximal du corps sur le plot avant l’extension. L’entrée dans l’eau est tendue, la coulée courte mais profilée. La reprise de nage se fait en battements puis crawl en opposition.
Départ agrippé (brasse)
Le nageur saisit l’avant du plot, projette son centre de gravité vers l’avant. Après une traction, une poussée et un envol oblique, l’entrée dans l’eau est profonde. Une coulée brasse (souvent prolongée) précède la reprise de nage. Le redressement vers la surface est assuré par une poussée oblique des jambes.
Départ en dos
Après immersion et placement des pieds sur le mur, le nageur se regroupe. Au signal, il pousse en arrière et lance les bras en extension au-dessus de la tête. L’entrée en arc de cercle permet une coulée efficace, suivie d’une ondulation dorsale (limitée à 15 m) avant de reprendre le dos crawlé.
Le départ en natation ne se limite pas à un simple saut dans l’eau. Il constitue une séquence motrice complexe qui doit être adaptée à l’épreuve, au matériel, et surtout aux caractéristiques individuelles du nageur. Une analyse précise de chaque phase, associée à un entraînement spécifique et une stratégie psychomotrice, permet de gagner de précieuses fractions de seconde. C’est à ce prix que s’optimise la performance dès les premiers mètres de course.
- Plot de départ : plateforme surélevée depuis laquelle le nageur plonge (sauf dos).
- Coulée : phase subaquatique suivant l’entrée dans l’eau, optimisant la vitesse acquise.
- Godille : mouvement de bras curviligne utilisé pour la propulsion dans certaines phases.
- Envol : phase aérienne entre la poussée et l’entrée dans l’eau.
- Centre de gravité : point d’équilibre du corps à optimiser pour la projection.
- Réaction au signal : délai entre le stimulus (visuel ou auditif) et le début du mouvement moteur.
- Départ « aux pieds » : départ relayé, où le nageur part à l’instant où son coéquipier touche le mur.